08/12/2005

Condi satisfait ses hotes

Condi Rice, qu'il n'est plus besoin de présenter pour détester, a fini son mini-trip bruxellois. Son seul regret (bien légitime) aura été de n'avoir eu le temps de photographier le Manneken Pis avant de partir. Et pourtant, elle n'aura pas chômé pendant ce grand congrès de l'OTAN ou elle était invitée d'horreur : Elle a réussit à "satisfaire" les alliés européens au sujet des prisons secrètes que la CIA aurait disséminées un peu partout en Europe (surtout de l'Est), et ce, sans en dire quoi que ce soit de "neuf". Donner des "assurances satisfaisantes" sans rien dire de particulier, j'appelle bien celà un exploit !

Non, il peut paraître évident que ces lignes sont le reflet d'une certaine animosité à l'égard de la "dame de fer" étasunienne (l'autre est à l'article de la mort) mais il n'en est rien. Face à des critiques venant de toute part, Condi s'est borné à admettre que la guerre contre le terrorisme avait entraîner des "erreurs", ce qui est assez courageux de sa part (on se serait certainement contenté d'un "c'est pas nous, j'le jure !"). Pour fêter dignement cet aveu publique, les politiques européennes se sont congratulés, félicités, embrassés, tripatouillés et plus si affinités et ont affirmé d'une même voix à quel point la lumière leur était apparue sous le langage fleuri de l'ingénue étasunienne. Elle a avoué que cette guerre contre le terrorisme avait mené à des erreurs, donc, ne creusons surtout pas les cas probables (certains?) d'erreurs. L'aveu suffit pour sortir lavé de tous ces drôles de soupçons... La politique européenne a cela de bien qu'elle ne baisse jamais son pentalon... Ou pas tout le temps, en tout cas.

Pour le reste, la CIA est toujours accusé d'avoir détenu et probablement un peu torturé aussi des gens auxquels nous n'avons même pas été présenté, et ce dans divers pays européens, principalement dans l'Est (Roumanie, Bulgarie...) mais les soupçons portent également sur d'autres pays, comme l'Angleterre et l'Allemagne qui attendaient de connaître les raisons de centaines d'atterissage d'avions "privés" étasuniens sur leur sol. Il y a quelques jours, la chaine étasunienne ABC affirmait (sur bases d'aveux de membres actifs et retraités de la CIA) que deux de ces prisons secrètes avaient été fermés en Pologne et en Roumanie quelques jours à peine avant l'arrivée de tante Condi. Et si ces nouveaux soupçons donnent des sueurs aux futurs européens (si d'aventure il y avait des preuves à ces allégations, l'entrée de ces nouveaux pays dans l'UE risquerait d'être remis en cause), d'autres inquietent également les anciens, comme ce cas d'enlèvement d'un allemand d'origine libanaise, enlevé en Macédoine et transferé en Afghanistan pour y subir quelques moments difficiles.

Rien n'est totalement perdu, ceci dit. Après quatre ans de "guerre contre le terrorisme", les Etats-Unis ont (enfin) modifié les règles d'interrogatoire, obligeant les barbouzes étasuniens de se conformer aux conventions contre la torture, même s'ils ne sont pas sur le sol américain (jusqu'ici, seul les interrogatoires musclés sur sol étasunien étaient prohibés). On ne désespère pas de voir dans cinq ans une interdiction de filer ses prisonniers à des pays moins regardant sur la torture.

Décidément, au plus on se bat pour la démocratie, ou plus on en foule au pied les plus élémentaires devoirs.

12:16 Écrit par kusquo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

toujours super de passer ici pour se rincer un peu la cervelle des conneries hypocrites de notre monde médiatisé. bravo

Écrit par : mik | 09/12/2005

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