04/06/2005

Informations partisanes

Peut on faire confiance aux médias "officiels"? Peut on, sans danger prétendre que les grands quotidients ou les JT des chaines télé sont objectifs? La réponse, honnête, serait de dire non, mais pourtant, nous sommes tous - et moi le premier - tributaire des médias classiques pour les informations.

Comment, dès lors, ne pas s'inquieter de la logique mercantile (mais peut-il en être autrement dans notre societé) qui décide des choix éditorialistes de nos quotidients? Prenons par exemple Mr Serge Dassault, très connu des militaires et des esprits sains.

Notre sympathique patron râle depuis longtemps. Non à cause du "non" français au referendum que seule la moyenne des gens gagnant plus de 3.000€/mois a soutenu; Non, Serge, il râle parce que ses propres journaux ne pensent pas comme lui. Par exemple, les journalistes de "L'Express" n'arrêtent pas de dire du mal de Jacques Chirac. Alors que pour Serge, Jacquot, il est pas bien malin, mais c'est quand même lui qui signe les bons de commandes au nom de la nation français quand il faut racheter quelques missiles. Alors, foutre dieu, il faut être gentil avec son employeur, c'est le B.A.ba de toutes négociations. Et là, coup de génie, Tonton Dassault a une idée (une sur une carrière, c'est honnête)! Il lui suffit de contrôler la huitaine de personnes qui assurent le contrôle du Comité de surveillance de l’hebdomadaire et qui se chargent de l’indépendance éditoriale des titres depuis 1997. Une fois ce comité dans la poche, qui osera encore dire du mal de Jacquot?

Ce comité comptait jusqu'à présent 3 gars placés par le propriétaire (ici Serge Dassault), 4 "personnalités indépendantes" et le président de la Société des journalistes de L’Express. Ce qui garantissait l'indépendance du journal, le propriétaire n'ayant pas la majorité pour imposer quoi que ce soit (le président du comité étant en outre indépandant de l'activité économique du journal).

Il y a quelques jours, pourtant, le président de ce comité, le journaliste Jacques Duquesne, alors atteint par la limité d'âge a été remplacé, sans élections par Rudi Roussillon, un proche de Dassault et que personne de sensé ne présenterait comme "indépendant". Dans la foulée, Rudi annonce que les personnalités indépendantes du comité sont éjectées et que seuls lui et les trois gars placés par Dassault pourront sieger désormais dans ce comité. Et tac! Quelle liberté de la presse?

«[c'est] le fonctionnement normal d'une entreprise où chacun est à sa place : les dirigeants au directoire, l'actionnaire majoritaire au conseil de surveillance», tentera ainsi de se justifier notre ami Rudi.

A 93%, les journalistes rejeteront, heureusement, cette logique, dénoncant l'instauration d'un "diktat brutal, infondé, et néfaste pour tous". Ils partiront en grève pour la première fois depuis les 50 dernières années et ne recommenceront le travail que suite aux promesses de Roussillon de rouvrir le comité aux personnalités indépendantes. Et quid du président de ce comité? Actuellement, les deux camps restent sur leur position et Rudi reste à son poste... Et tant qu'il y sera, on pourra se faire du mourron vis-à-vis de l'indépendance du titre. Aux dernières nouvelles, Dassault s'en foutrait, il aurait décidé de vendre l'Express à la societé belge Roularta

22:23 Écrit par kusquo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Au fond, est-ce si grave ? Cela fait très longtemps que l'Express ne joue plus que sur deux sujets : les pensions et l'argent des cadres... On est loin de l'hebdo mythique de l'information sans complaisance...
A bientôt

Écrit par : Ubu | 05/06/2005

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