29/05/2005

La France dit NON

Plus de 70% de participation, plus de 55% votant contre le traité constitutionnel européen! La France devient le premier pays européen à se lever contre un texte de plus en plus décrié, non seulement sur ces aspects libéraux, mais également sur ces aspects anti-démocratiques. En esperant que d'autres pays suivent l'exemple français (le Pays-Bas est bien parti), et nous aurons peut-être l'occasion inespérée de construire une Europe bien différente de celle qu'on a tenté de nous imposer par médias interposés. Il ne reste finalement qu'à transformer l'essai...

Démocratie=1, Oligariche=0

23:24 Écrit par kusquo | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

Commentaires

ils ont dit Nooooooooon! Merci au peuple de gauche français.

Écrit par : deborah | 30/05/2005

Non peut-être! Il était déjà certain que les néerlandais allaient dire "non", mais leur gouvernement serait sans doute passé outre s'il n'y avait eu les Français...
Maintenant, le PS français se débarasse de Strauss Khan, de Lamy et de Fabius (même si pour Lolo, ça va être plus dur; par contre, à voir la gueule de Strauss Khan hier, on se dit qu'il sait des choses qu'on ne sait pas (qu'il va devoir retourner dans sa consultance?)) et on peut vraiment commencer à faire du bon boulot!
Au fait Bravo pour ton post sur l'eurobaromètre. Je n'ai rien mis en commentaires parce que je fais attention aux gens que je fréquente sur les comments (j'ai trouvé que le Promethée réussit même à être condescendant dans ses félicitations!)... :)

Écrit par : Serge | 30/05/2005

.... "nous aurons peut-être l'occasion inespérée de construire une Europe bien différente de celle qu'on a tenté de nous imposer par médias interposés"

Est-ce parce que la France dit "Non" que l'on doit arrêter l'élan de ceux qui ont dit "Oui", en ce compris l'Espagne à gauche de Zapatero qui a procédé à un référendum ? Je trouve au contraire qu'il est antidémocratique de vouloir imposer le choix d'un pays, voire de deux prochainement, pour 25 Etats. Je respecte le choix des Français mais que l'on respecte aussi ceux qui veulent ce texte législatif, à chacun de prendre ses responsabilités...

"La France devient le premier pays européen à se lever contre un texte de plus en plus décrié, non seulement sur ces aspects libéraux"

Aaaah...l'hydre libéral, le démon à 7 têtes. Je me gose chaque matin en écoutant tout ceux qui, de Noël Mamère à Martine Aubry, de Di Rupo à Schroeder, nous ont parlé d'avancée progressiste. D'où ma question candide, la gauche politique serait-elle un camouflet ou une supercherie ? Ma foi, il y a ceux qui assument leur position et ceux qui jouent au yo-yo. Si je pouvais donner un conseil à ceux qui ont dit "Non", changez donc vos élites par le vote car, effectivement, le social-libéralisme domine partout au sein de l'Internationale (???!!???)...

Écrit par : promethee | 30/05/2005

:) "Est-ce parce que la France dit "Non" que l'on doit arrêter l'élan de ceux qui ont dit "Oui", en ce compris l'Espagne à gauche de Zapatero qui a procédé à un référendum ?"

>>> Sincèrement, ca va p-e t'étonner, mais je pense que oui; Pas les bloquer définitivement, mais remettre le problème sur la table. Si ceux qui ont dit "oui" veulent toujours continuer, je crois que personne ne les empêchera, mais je pense que beaucoup qui ont actuellement acpeté n'ont pas réellement donné un avis sur le texte, mais plutôt sur l'idéal sous-jacent.

"Aaaah...l'hydre libéral, le démon à 7 têtes. Je me gose chaque matin en écoutant tout ceux qui, de Noël Mamère à Martine Aubry, de Di Rupo à Schroeder, nous ont parlé d'avancée progressiste. D'où ma question candide, la gauche politique serait-elle un camouflet ou une supercherie ? "

Bonne question. A mon humble avis, la plupart des dirigeants de gauche sont - à l'image de ceux de droites - un peu assis entre deux chaises. Ils piochent allègrement dans les deux rateliers, promettant du social et du libéral (c'est un peu notre système européen qui veut ça). Personnellement, je ne suis pas opposé à ce type de comportement, car je pense que la gauche extrême n'est pas mieux que la droite extrême. Mais je trouve sincèrement que nous vivons dans une societé qui devient plus libérale chaque jours (en grosse partie à cause de l'europe).

J'ai retenu une phrase dans un texte anti-traité; Mêmes les USA n'ont pas une constitution aussi libérale. Cela signifie que même eux, qu'on ne peut décemment pas qualifier de socialistes se laisse une porte de sortie vers un autre model économique...

Écrit par : kusquo | 30/05/2005

..... "Pas les bloquer définitivement, mais remettre le problème sur la table. Si ceux qui ont dit "oui" veulent toujours continuer, je crois que personne ne les empêchera, mais je pense que beaucoup qui ont actuellement acpeté n'ont pas réellement donné un avis sur le texte, mais plutôt sur l'idéal sous-jacent"

Alors, arrêtons nous Schengen, l'Euro et l'Eurocorps aussi ? Que diable, et les zones de coopération frontalière au Benelux, en Allemagne et en France ? Elles aussi, arrêtées, parce que d'autres n'inscrivent pas dans "l'idéal sous-jacent" ? L'Europe n'est pas un monolythe, elle a toujours fonctionné par des groupes pilotes qui ont fait avancer des pions et les autres ont suivi ou non, en douceur....Donc, j'en reviens à ce que j'ai écris, "pénaliser" les autres pour la France, cela relève de l'antidémocratie parce que je ne vois pas comment on pourrait dire le contraire si jamais d'autres référendums disent "Oui" (comme en Espagne, les électeurs apprécieront!).

Écrit par : promethee | 30/05/2005

De toute façon Ce débat est plombé, car les ultralibéraux vont avancer l'argument démocratique pour imposer leur vision du monde ("mais les autres pays ont ratifié, voyons".) Ce qui est drôle, c'est que ceux qui disent non dans un pays n'ont rien compris au texte et ne l'ont jamais lu, par contre ceux qui disent oui dans d'autres l'ont lu et très bien compris.
De toute façon, il est inutile de discuter avec "l'internationale arrogante de la droite". Laissons les faire leur petite politique économique d'égoïstes et ils viendront chialer dans nos jupons quand leur belle consultance les aura virés parce qu'ils refusent de travailler après 22 heures pour le bien-être des actionnaires... :(

Écrit par : Serge | 30/05/2005

a-t-on réellement besoin de la constitution européenne pour permettre à certains d'avancer plus vite que d'autres? Je ne crois pas, d'ailleurs cela se fait déjà non (j'ai malheureusement oublié l'exemple récent : n'est-ce pas justement au niveau de la coopération judiciaire?)?
Ce qui est profondément désagréable dans ce processus de ratification de la constitution c'est : justement qu'on veut absolument que tout le monde ratifie tout et très vite. Il n'y avait strictement aucune raison de grouper anciens traités et constitution et réforme des institutions. On pouvait bien sûr, pour l'occasion coordonner les traités mais sans les insérer dans le texte nouveau. Une constitution c'est un texte de base définissant les droits et devoirs de chacun et la définition et l'organisation des institutions, mais on n'y trouve en aucun cas une ligne politique ou économique. Une constitution c'est aussi un texte discuté et issu du parlement et non d'une convention (qui ne repose sur aucune légitimité électorale) : nous ne sommes plus à l'époque de la création ex nihilo d'un état.
Si les parlementaires avaient proposé au vote un tel texte limité à ce qui fait l'essence d'une constitution et si ce texte avait pu être largement discuté, amendé et faire l'objet d'une réelle appropriation par le citoyen, il n'y aurait pas eu les difficultés que l'on voit actuellement.
Quand on veut réellement mettre en place une union, des institutions et des droits, on n'y insère pas des politiques (quoi qu'on dise ponctuelles) qui génèrent pas mal de contestation.

Écrit par : deborah | 30/05/2005

:) "Donc, j'en reviens à ce que j'ai écris, "pénaliser" les autres pour la France, cela relève de l'antidémocratie parce que je ne vois pas comment on pourrait dire le contraire si jamais d'autres référendums disent "Oui" (comme en Espagne, les électeurs apprécieront!)."

Mais de quoi parle tu? Ou est l'anti-démocratie si c'est les dirigeants des pays qui décident de stopper le proccesus? Si la Belgique ne demande pas à son peuple de voter pour le traité, c'est tout autant anti-démocratique que si un peuple vote oui à un texte qu'il n'a pas lu et que son gouvernement ne met pas en place. C'est l'affaire des dirigeants et c'est à eux de rendre des compte à leur population. Personne n'interdit à l'Europe de continuer sans la France.

Deborah, entièrement d'accord avec toi.

Écrit par : kusquo | 30/05/2005

.... "a-t-on réellement besoin de la constitution européenne
pour permettre à certains d'avancer plus vite que d'autres?"

Non et c'est bien de le souligner, il ne devrait pas y avoir de pression institutionnelle aux Etats d'y adhérer, libre à chacun de choisir ses exceptions et si tel est le cas de la France, voire d'autres pays, cela devrait être le cas sans plomber l'Europe, c'est certain. C'est ce quoi je voulais signifier par mon propos sur les avancées sectorielles et ponctuelles.

Maintenant, si tu me demandes ce que je pense du fait d'avoir inscrit des axes économiques dans le texte, je te dirais que je trouve cela dommage et étrange car ce n'est pas le cas des autres corpus fondamentaux de ce monde. Cela n'aurait pas du être le cas car une constitution se doit d'être "neutre", ici, c'est le juriste qui parle...On ne définit pas une loi fondamentale comme on change d'orientation à chaque législature ou presque. Si je suis d'accord avec le texte, je puis comprendre ceux qui s'y opposent, voilà le principal argument que je mets à l'honneur des partisans du "Non". Maintenant, pour ce qui est du droit de regard citoyen, c'est l'éternelle question de la représentativité, la convention de VGE était-elle légitime ou non ? Le panel rassemblé pour discuter du texte était étoffé et complet, on ne pourra pas dire le contraire, mais bon, cela n'a pas plus à tout le monde...Comment aurait-on pu faire autrement ? Créer des ateliers nationaux pour 25 Etats ? Impossible techniquement, cela aurait pris des siècles....entre les tenants de la religion dans les chapitres, les thatchériens, les communistes, les souverainistes, etc.

En tout cas, que l'on soit pour ou contre, le "merdier", pardonnez moi le mot, est énorme....mais comme dit l'adage, tout échec suppose un rebond, à voir lequel...

Écrit par : promethee | 30/05/2005

.... "a-t-on réellement besoin de la constitution européenne
pour permettre à certains d'avancer plus vite que d'autres?"

Non et c'est bien de le souligner, il ne devrait pas y avoir de pression institutionnelle aux Etats d'y adhérer, libre à chacun de choisir ses exceptions et si tel est le cas de la France, voire d'autres pays, cela devrait être le cas sans plomber l'Europe, c'est certain. C'est ce quoi je voulais signifier par mon propos sur les avancées sectorielles et ponctuelles.

Maintenant, si tu me demandes ce que je pense du fait d'avoir inscrit des axes économiques dans le texte, je te dirais que je trouve cela dommage et étrange car ce n'est pas le cas des autres corpus fondamentaux de ce monde. Cela n'aurait pas du être le cas car une constitution se doit d'être "neutre", ici, c'est le juriste qui parle...On ne définit pas une loi fondamentale comme on change d'orientation à chaque législature ou presque. Si je suis d'accord avec le texte, je puis comprendre ceux qui s'y opposent, voilà le principal argument que je mets à l'honneur des partisans du "Non". Maintenant, pour ce qui est du droit de regard citoyen, c'est l'éternelle question de la représentativité, la convention de VGE était-elle légitime ou non ? Le panel rassemblé pour discuter du texte était étoffé et complet, on ne pourra pas dire le contraire, mais bon, cela n'a pas plus à tout le monde...Comment aurait-on pu faire autrement ? Créer des ateliers nationaux pour 25 Etats ? Impossible techniquement, cela aurait pris des siècles....entre les tenants de la religion dans les chapitres, les thatchériens, les communistes, les souverainistes, etc.

En tout cas, que l'on soit pour ou contre, le "merdier", pardonnez moi le mot, est énorme....mais comme dit l'adage, tout échec suppose un rebond, à voir lequel...

Écrit par : promethee | 30/05/2005

.... Kusquo,
Voilà l'excuse facile, le texte "n'a pas été lu par les gens qui l'ont adopté" comme en Espagne et donc cela suppose que c'est aussi antidémocratique que ceux qui, comme en belgique, n'ont pas voté ? Bien sûr, donc, aux élections européennes, le scrutin était aussi antidémocratique ? Savais-tu pourquoi tu as exactement voté ? Pour quel "programme" tu votais ? Qu'en diras-tu pour le scrutin provincial ? Flou, donc antidémocratique ? Revenir au fondement de la démocratie parlementaire avec la représentativité pour discuter de l'opportunité d'arrêter le processus, me semble étrange. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi mon propos dit que les Français ne peuvent pas ne pas adopter la Constitution ? N'ais-je pas écris que chaque peuple est souverain ? Si Paris, Marseille et Toulon n'en veulent pas, d'accord, je suis le premier à reconnaître les choix de chacun, mais si le peuple espagnol a voté "Oui", sa souveraineté compte aussi, donc, à chacun de prendre ses responsabilités....Faut-il revenir à un épisode aussi triste que la CED ?

Enfin, nous n'y changerons rien de toute manière, aux politiques de prendre ses responsabilités...

Écrit par : promethee | 30/05/2005

:) " Kusquo,
Voilà l'excuse facile, le texte "n'a pas été lu par les gens qui l'ont adopté" comme en Espagne et donc cela suppose que c'est aussi antidémocratique que ceux qui, comme en belgique, n'ont pas voté ? Bien sûr, donc, aux élections européennes, le scrutin était aussi antidémocratique ?"

Excuse moi, je n'ai pas voulu dire ce que tu en as compris. Les espagnols allant voter sans lire le traité n'est pas du tout le côté anti-démocratique que je voulais pointer (car soyons francs, une majorité de français ne l'a pas lu non plus et moi-même, je ne l'ai pas terminé entièrement...). L'espagne a voter démocratiquement. Je parlais "d'anti-démocratie" (le mot est néanmoins assez fort) dans le cas ou le gouvernement espagnol n'en tiendrait pas compte "pour faire plaisir à la France".

Écrit par : kusquo | 30/05/2005

... "le merdier". Evidemment, quand un vote ne convient pas aux visions libérales, les libéraux crient au merdier. Un peu facile, un peu simpliste, énormément de droite. Tu dis que tu n'apprécies pas que cette constitution c ontienne des aspects politiques. C'est fou le nombre de choses que tu n'apprécies pas dans le chef des gens pour qui tu votes sans doute, et dans le cadre des pensées politiques que tu défends.
Je note également de grandes différences de ton entre ce que tu écris à tes "amis" sur ton blog et ta plus grande "virginité" ici. T'as vraiment envie qu'on te dise que t'as raison, que t'es merveilleux et que tu n'as nullement une vision biaisée que ca en devient pathétique...

Écrit par : serge | 30/05/2005

..... "Je parlais "d'anti-démocratie" (le mot est néanmoins assez fort) dans le cas ou le gouvernement espagnol n'en tiendrait pas compte "pour faire plaisir à la France". "

Oui, effectivement, je comprends mieux le sens de ton propos avec cette reprécision. Il est clair que cela s'appellerait de la tyrannie, comme cette idée complètement grotesque de VGE qui parle de faire "revoter" les Français: complètement fou et et antidémocratique! Aujourd'hui, que l'on soit pour ou contre, le verdict est tombé et nul ne peut l'éluder, en France en tout cas et en Europe d'une certaine manière vu la place occupée par ce pays. Maintenant, au titre de l'ironie, as-tu remarqué que les Français ont rejeté le texte car trop "libéral" alors que les Anglais s'apprêtent à le faire, s'ils sont consultés, parce que trop "social" ? Va-t-en savoir qui aura la clé du schéma de recomposition des morceaux....

ps: déso pour les doubles commentaires mais le moteur de Skynet flanche...

Écrit par : promethee | 30/05/2005

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