18/05/2005

Terrorisme acceptable?

Washington est dans la panade. Leur message auto-satisfait pour leur lutte contre le terrorisme prend du plomb dans l'aile. Un terroriste notoire, Luis Posada Carriles, est depuis deux mois aux Etats-Unis. En gros, la clémence étasunienne s'explique par le fait que c'est Fidel qui est la cible du bonhomme. C'est pourtant difficilement justifiable quand on voit son parcours: Ancien agent de la CIA et mercenaire professionnel, il a été instructeur de la CIA, membre du corps des rangers des Etats-Unis, expert en explosifs et spécialiste en actes de piraterie maritime.

Selon des documents récemment déclassifiés du FBI et de la CIA, il est à la base de l'attentat sur un avion reliant Caracas à la Havane en 1976 et qui avait fait 73 morts (on le savait déjà, mais c'est plus officiel maintenant que le FBI l'atteste). Il est également responsable de la vague d'attentats contre les hotels cubains en 1997 et qui avait entrâiné la mort d'un jeune italien. En 2000 encore, il tentait d'exploser Fidel et les quelques 2000 étudiants venus écouter ses interminables discours avec une bonne dose de TNT. Condamné à huit de prison au Panama, il avait été liberé in extremis en 2004 par l'ex-présidente Mireya Moscoso (qui était franchement à la botte de Washington) juste avant sa défaite retentissante qui avait amené un président de gauche au Panama.

Aujourd'hui, face aux critiques de tous bords (dont une manifestation à Cuba de près d'un million de personnes selon le gouvernement cubain), Washington semble prendre son ancien allié avec une nouvelle distance et l'a récemment mis en détention pour 48h, le temps de décider quoi en faire. Selon le New York Times, le gouvernement de Bush a devant lui trois options: concéder l'asile (et ainsi prouver les "deux poids deux mesures" que ce gouvernement donne au mot "terrorisme"), emprisonner Luis Posada Carriles pour entrée illégale au pays (et alors, s'aliener le puissant lobby cubain anti-castriste à Miami), ou trancher en faveur de la demande d'extradition présentée par la justice vénézuélienne (ce qui parait inimaginable).

La réponse devrait arriver sous peu, mais probablement pas aux Unes des journaux...

22:31 Écrit par kusquo | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Hypocrisie de la bourgeoisie
La meilleure option soit qu'on l'envoie à Caracas ou La Havane pour qu'on en fasse un procès exemplaire de ces salopards d'anti-castristes qui ne sont pas plus démocratiques que Hitler. Ces gens là refusent de partager, d'exprimer la solidarité. La bourgeoisie d'extrême-droite, quand elle voit ses intérêts menacés, n'hésite pas à se comporter comme les SS.
Qu'on en fasse un procès pour montrer ce que c'est la bourgeoisie mondiale, et surtout latino-américaine : une bande de génocidaires assoiffées de milliards, et qui se fouttent éperdumment que des millions de gens meurent dans des taudis dans ce noble continent.

Malheureusement, je rêve, car je doute très fort que Bush et ses potes le livrent aux seuls gouvernements de la Terre qui vallent la peine : ceux de Chavez et de Castro.

Écrit par : Yves | 18/05/2005

*** Bravo pour ce genre de posts qui démontrent les contradictions énormes entre les discours et les actions de ceux qui osent, sous couvert de liberté, de droits de l'homme, de BIEN même, fourrer leur petit nez avide partout où les intérêts nationaux, commerciaux ou personnels les poussent... il est grand temps que les peuples démocratiques se réveillent et se rendent compte que leur confort provient de l'oppression et de l'inégalité constante et structurelle...

Écrit par : gorgo | 19/05/2005

Le terroriste acceptable ? N'y a-t-il pas eu un précédent appelé Oussama Ben Laden ? La politique internationnale a le bégaiement coriace...

Écrit par : Ubu | 21/05/2005

A Yves Chavez, peut-être : je ne connais pas bien. Mais la dictature castriste, sûrement pas : je préfère les démocraties imparfaites aux dictatures qui se donnent l'illusion de la prefection.

Écrit par : Ubu | 21/05/2005

.... " aux seuls gouvernements de la Terre qui vallent la peine : ceux de Chavez et de Castro"

Chavez, ok, mais le régime de Castro, qui vaille la peine ? Puis-je rigoler ?

Écrit par : promethee | 23/05/2005

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