07/05/2005

On veut du fric!

Alors que 2004 s'était terminée avec un chiffre d'affaire de 74,2 milliards d'€uros pour un bénéfice net de plus de 8 milliards d'€uros (en hausse de 11,2%), IBM annonce aujourd'hui le licenciement massif de quelques 13.000 personnes, principalement dans quatre pays de "l'ancienne europe" (Allemagne, France, Italie et Grande-Bretagne), mais aussi aux USA.

Et oui, c'est aussi cela, le capitalisme...

15:55 Écrit par kusquo | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

Commentaires

Utopies en Belgique Je suis une jeune vieille de 55 ans et je lis avec un immmense plaisir les réactions à ce blog! Ceci dit, je participe depuis plusieurs années à la lutte d'un jeune parti politique qui veut tout bouleverser dans la bonne Belgique - et il y a de quoi faire- ceci sans mettre de bombes - alors qu'on en a parfois tellement envie- et personne ou presque ne nous écoute.
Utopie quand tu nous tiens!

Écrit par : Annie | 07/05/2005

:) Pourriez vous nous en dire plus sur votre projet?

Écrit par : kusquo | 07/05/2005

Utopies en Belgique Il s'agit du parti Vivant. Plusieurs partis en Belgique et en France s'en inspirent vaguement (très) pour avancer des projets. Sarkozy l'étudie de près en ce moment- pour mieux le descendre en flamme sans doute. Il faudrait changer tant de nos conditionnements de vie...Allez donc voir sur Vivant.org

Écrit par : Annie | 07/05/2005

.... Vivant ? "un jeune parti politique qui veut tout bouleverser dans la bonne Belgique" ? Selon Pascal Delwit de l'ULB cité sur le site Resistance, ce serait même le parti le plus "ultralibéral" de la classe politique belge avec, malheureusement, certains anciens élus du Front National dans ses rangs (http://www.resistances.be/el08.html). Ces derniers ont-ils réellement viré leur cuti dans ce projet de "bouleversement" du pays ?

Écrit par : promethee | 08/05/2005

.... Pour revenir au sujet principal, je dirais plutôt....

Le capitalisme, c'est IBM qui délocalise notamment ses activités à Manille pour assurer la survie de sa division "service", mais c'est aussi le chinois Lenovo qui vient investir dans les anciennes divisions "hardware" de IBM en sauvant l'emploi, en Europe de l'Ouest.

C'est aussi le constructeur britannique Rover qui ferme ses portes mais des iraniens qui se proposent de racheter l'outil pour favoriser l'exportation d'automobiles dans un pays sous embargo américain pour les "composants".

De manière beaucoup plus générale et pour étendre les faits, pour ce qui est uniquement de "Big blue", le chiffre d'affaire n'est pas une donnée pertinente comme le bénéfice (à lire à l'échelle planétaire, pas au niveau micro, cela relativise beaucoup de choses vu la taille de la boîte) doit aussi tenir compte de la cession des activités de Big Blue auprès de différents opérateurs, en ce compris la vente des brevets pour ramener du cash flow, ce n'est pas si simple ni tout à fait rose non plus, car un emploi perdu est toujours un drame social, nous en convenons.

A regarder le secteur de l'informatique aujourd'hui, on reproche à IBM de ne faire que réduire ses coûts chaque année (à l'échelle planétaire, pas au niveau micro) mais quel serait la solution face au taiwanais Acer et à ses prix compétitifs dans la division "portable", par exemple ? Des aides d'Etat ? Impossibles par la Commission ? Comment diminuer les coûts pour être compétitifs ? Rogner sur les salaires ? Certainement pas...Comment alors ? Certains comme moi, parlent de la baisse des charges fiscales sur les sociétés et la baisse du coût du travail (sans toucher au net mensuel de l'employé!) mais bon, cela choque d'autres qui n'ont pas de solution, si ce n'est "I want a better world" mais cela n'empêche pas les usines de fermer une à une...

Ma question est, va t-on encore attendre longtemps ?

Écrit par : promethee | 08/05/2005

:) La délocalisation et ce genre de pratique est une des bases de notre système économique. Quand le profit maximum est le seul idéal à atteindre, il ne faut pas s'étonner que cela se fasse au détriment du reste...

Les libéraux parlent souvent de réduire taxes et coût de travail, mais c'est tout aussi ridicule car il est totalement IMPOSSIBLE d'être compétitif face à des chinois qui travaillent plus, plus vite et pour BEAUCOUP moins cher. On a réussit l'exploit de créer le système économique qui nous détruira. Ce n'est qu'une question de temps...

Écrit par : kusquo | 08/05/2005

.... Parce que tu crois que les chinois travailleront pour l'éternité pour 10 yuans de l'heure et ce, 15 heures par jour ? Ne te souviens tu donc pas des exemples coréens, singapouriens ou japonais au sortir des guerres qu'ils vinrent à connaître dans l'histoire ? Le développement est un processus en phase, plus les sociétés se développement, plus elles ont des besoins, plus la production coûte cher et les relations s'équilibrent (cf. Japon et UE aujourd'hui par exemple). Bref, en utilisant le mot "impossible", je crois que tu voi surtout les choses à très court terme....et ce, en oubliant les "mandarins" de demain qui ne voudront ni travailler le champs ni besogner à l'usine...

Cela dit, tu as peut-être un modèle alternatif en vue et que j'ignore au-delà de la critique du marché international tel que nous le connaissons.

Écrit par : promethee | 08/05/2005

:) Je crois que c'est toi qui vois à court terme si tu t'imagine qu'on ne trouvera plus de gars bossant pour un pourcentage infime de notre niveau de vie, à nous, riches occidentaux... Tu as raison quand tu dis qu'une partie des pays pauvres augmenteront leurs exigences. Mais tout d'abord, ces exigences resteront probablement à 100 lieux des nôtres (qui sont le fruit de quelques siècles de luttes, tout de même et on en est donc encore loin en Chine ou la démocratie n'est même pas encore au point!), et secondo, il existe suffisament de pays sur terre pour trouver des gens pauvres luttant contre l'inanition et acceptant n'importe quel salaire... On délocalisera encore et encore parce qu'il est tout simplement impossible d'avoir simultanément les mêmes prétentions salariales dans le monde entier.

Et attention, je suis le premier à dire que le capitalisme n'a pas que des défauts; par contre, je dis qu'il a des limites et qu'on les touche actuellement du doigt. Alors, soit on joue sur ces limites en dénaturant le capitalisme (protectionnisme etc.), soit on accepte de dire qu'on va droit dans le mur et qu'il faut passer à autre chose.

Quoi? demande tu, je t'accorde que je n'en sais rien; un système économique naît généralement d'une poussée de la societé concretisée par les travaux d'un ou plus hommes, eux-mêmes fruits de leur époque. J'ai bien sûr des idées, mais elles sont totalement utopiques pusiqu'elles ne seront jamais appliquées. Il est impossible d'en débattre intelligement sans les essayer.

Écrit par : kusquo | 08/05/2005

Cher Kusquo, Les limites des délocalisations résident sans doute dans la sauvegarde d'un marché. Négligera-t-on longtemps un marché qui existe au profit d'investissements chez les concurrents de demain ?
A bientôt

Écrit par : Ubu | 08/05/2005

.... "ces exigences resteront probablement à 100 lieux des nôtres (qui sont le fruit de quelques siècles de luttes, tout de même et on en est donc encore loin en Chine ou la démocratie n'est même pas encore au point!),"

As-tu déjà mis les pieds à Séoul, Tokyo, Singapour, Dubaï ? Je peux t'assurer que leur niveau de développement engendré en moins de temps que nos révolutions industrielles et sociales, ont rendu ces pays aussi avides de besoins matériels que de protections sociales. Si tu en as l'occasion, ballade toi un jour à Pusan et demande à un citoyen lambda s'il n'aspire pas à une société aussi idéale que toi, s'il ne pose pas les mêmes questions à son gouvernement, allons, qu'est ce que relativisme socioculturel ? Certes, tout est relatif concernant ce dernier point, rien qu'en Europe de l'Ouest par exemple, mais c'est la finalité du processus: vers le mieux sans perfectitude. Maintenant pour revenir à la Chine, un jour, ce pays se levera sur ses deux jambes et, eux aussi, seront exposés aux problèmes que nous vivons...je te rappelle que le Japon délocalise à son tour en Indonésie et en Chine...Cela prendra du temps, beaucoup de temps, mais à chaque fois, les niveaux de vie des nations touchées augmenteront jusqu'à ce que l'on arrive (peut-être) à un système d'échanges comparatifs global...Ce qui existe déjà entre nations industrialisées. A une échelle plus micro, regarde le cas de l'Afrique du Sud et le reste du continent africain, c'est du pareil au même...

Rien ne sera jamais parfait, c'est un fait mais c'est en donnant à chacun la capacité de trouver sa place dans l'économie mondiale que l'on arrivera à un équilibre. Les cas de la Chine mais aussi de la Corée, du Japon ou encore de Singapour sont là pour prouver la véracité des faits. Maintenant, à côté, l'Afrique, c'est surtout une question de démocratie et de bonne gouvernance qui doit forcément accompagner le processus de développement, ce qui n'est effectivement pas le cas.

Tu sais, quand on délocalise au Portugal depuis la Wallonie, cela ne choque plus aujourd'hui, demain, ce sera pareil ailleurs avec des garanties minimum en termes de protection sociale et de couverture des travailleurs (cf. exemples précités qui font tâche d'huile). Cela prendra du temps mais c'est certain, on ne peut pas vivre sur un simple modèle d'exploitation ou alors la machine tue elle-même sa poule aux oeufs d'or.

Pour clôre et parce que j'en ris toujours, l'occidental hurle lorsqu'une boîte dans son pays met les voiles mais c'est le même qui applaudit des deux mains lorsqu'un investissement étranger arrive chez lui: regardons le cas ded l'usine Toyota dans le Nord de la France, par exemple.

Enfin, pour ce qui est du "modèle idéal", c'est comme la démocratie, tant qu'on aura pas trouvé d'alternative SERIEUSE, l'important sera toujours de créer des garde-fous, des barrières au modèle existant pour aller vers le mieux plutôt que de prédire sa mort sans suite. Il faut dire que la mondialisation et le capitalisme, ma foi, on a cité l'échafaud à bien des reprises mais depuis l'homme de néanderthal qui cédait un charbon incandescant pour une peau de bête jusqu'à l'érection de Wallstreet en passant par les cités marchandes de Gènes et Venise, on attends toujours...

Mais bon, nous verrons...nous verrons...peut-être ce que e l'humanité se réserve comme modèle...Bonne soirée...

Écrit par : promethee | 08/05/2005

..... " Les limites des délocalisations résident sans doute dans la sauvegarde d'un marché"

Sauvegarde d'un "marché" ou sauvegarde d'une "boîte" ? Certes, il y a des cas véreux de plein profit pour plus de profits mais ce serait réduire considérablement le monde économique que d'affirmer que la question de la délocalisation, ne repose pas avant tout sur une question de survie face à la concurrence internationale. Si Swiss fait faire sa compta' à Bangalore et possède un call-center en Irlande, c'est bien parce que sa situation financière désastreuse lui impose des économies de choc sur les coûts de production et parce que sans cela, elle ne peut survivre face à ses rivaux en meilleure santé...Cela ne justifiera jamais assez le drame des familles mises au chômage, mais entre une société entière qui coule et un département spécifique, ce n'est plus un choix économique, c'est un choix de survie...

Écrit par : promethee | 08/05/2005

.... Cela dit, merci de vos arguments qui alimentent la réflexion sans heurts et avec respect des convictions...On verra si l'un de nous devient président de la république de Wallonie-Bruxelles, pour le volet économique... ;)))))

Écrit par : promethee | 08/05/2005

:) Promethée, on fera comment quand les chinois seront à notre niveau (dans quelques dizaines d'années, si on existe encore, nous et nos privilèges) puisqu'on sait qu'il est mathématiquement impossible avec la matière première actuelle de faire vivre ces quelques centaines de millions de personnes en plus à notre niveau de vie, à nous, pays favorisés? On fera comment pour leur dire que "désolé, on était là avant"...

Tu vois, même si on admettait le système viable (je reste pour ma part fermement persuadé de la déroute du-dit système), il ne pourrait que conduire à une guerre inévitable.

A mes yeux, l'homme a non seulement érigé un système qui le conduira à sa perte (ce qui n'est pas la première fois), mais en plus, il en rajoute régulièrement. Actuellement, dans notre système ou la pollution devient l'un des motifs d'inquiétude des plus préoccupant, il serait tout bonnement inimaginable de trouver une source de combustible non-polluante et bon marché... Le moteur-roue, le moteur à eau, l'électricité solaire... tous ces avancées trop peu étudiées sont d'avance condamnées à disparaître "parce qu'économiquement, ca serait une catastrophe!" Comme dit le Chat, "l'homme ne court pas à sa perte, il y va en voiture". C'est tristement vrai...

Écrit par : kusquo | 09/05/2005

.... "il ne pourrait que conduire à une guerre inévitable"

Tu es redoutablement pessimiste, dis moi ;)

Écrit par : promethee | 09/05/2005

:) Ou lucide, c'est au choix...

Écrit par : kusquo | 09/05/2005

... Comme je l'ai écris, on attends la fin du "capitalisme" depuis les premiers troc de l'homme de néanderthal... ;)))

Écrit par : promethee | 10/05/2005

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