22/04/2005

Mexico, mexicoooooooo

Au Mexique, un homme fait peur à l'oligarchie regnante; Andrés Manuel López Obrador (AMLO pour les journaux), maire de Mexico qui s'inscrit franchement à gauche du gouvernement mexicain de Vicente Fox et se compare volontiers au président brésilien Lula.

Cet homme s'est largement fait connaître dans la capitale par ses volontés de politiques sociales (notamment pour l'éducation ou les personnes agées), de la réduction de la bureaucratie, la constuction de voies rapides dans la ville et enfin, de la diminution de moitié de ses propres émoluments. Dans un pays où la corruption fait jeu égale avec la grande criminalité, on ne peut qu'être admiratif.

Désigné "homme le plus populaire" par 80% de la population de la capitale (et plus de 40% dans le reste du pays), il est l'homme à abattre pour les élections présidentielles de 2006. Ses deux opposants principaux - le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI qui exerça le pouvoir de manière autoritaire durant plus de 70 ans) et le Parti d'action nationale (PAN dirigé par l'actuel préisedent Vicente Fox) ont réussi l'exploit de profiter que le monde ait les yeux rivés sur la mort du pape pour tenter d'évincer l'homme fort de la gauche.

Pour se faire, ils ont profité d'une curieuse affaire dont je vous laisse juge; AMLO est "accusé" de n'avoir pas respecté assez vite une décision de justice suspendant la construction d'une voie d'accès à un hôpital sur un terrain en litige (car personne ne sait exactement à qui il appartient). L'accusation est très légère d'autant plus si on la compare aux actes de corruptions avérés par les amis du président actuel, pourtant elle suffira aux deux formations dominantes (alliées pour l'occasion) pour enlever l'immunité parlementaire d'Obrador.

La fragile démocratie mexicaine est en jeu. Obrador conjure ses supporters (350.000 le jour de la chute de la perte de son immunité, 250.000 lors de concerts de soutient) au calme notament pour la grande manifestation silencieuse de ce dimanche 24 avril mais si le jeu démocratique est à ce point bafoué, il est possible que des troubles n'éclatent. Même les Etats-Unis qu'on devine moyennement tenté par un président de gauche à ses frontières s'inquietent de la manoeuvre. Reprenons d'ailleurs la formule du New York Times qui estime que M. Lopez Obrador "peut ne pas être le bon choix pour la présidence, mais que c'est à l'électorat du Mexique qu'il revient d'en décider".

14:42 Écrit par kusquo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Hypocrisie
Effectivement, tout ceci est une mascarade. Il suffit qu'on prononce le mot "corruption" et tout le monde s'emballe. La droite réactionnaire a tjs plus d'un tour dans son sac pour empêcher le progrès d'avancer.

Seul "hic" : se comparer à Lula qui trahit sa base, je n'aime pas trop.

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Y.

Écrit par : Yves | 22/04/2005

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