12/04/2005

Transport for London...

Tiens, je sais qu'on n'aura bientôt plus le problème des entreprises publiques grâce au très précieux "traité constitutionnel européen" (oui, j'anticipe un peu, quand même... Faudra quelques années pour démembrer tout ca, nostradamuse-je), mais en attendant que le privé reprenne tout en masse, voici un bon exemple pour patienter; le partenariat "public-privé". Vous prenez un domaine appartenant à l'état, vous y mettez un truc privé dedans, vous secouez bien et vous observez ce que cela donne...

C'est ce qu'on a fait à Londres (chez les anglais, qui sont un peu en avance sur nous dans ce beau domaine de la libéralisation), pour le métro. En 2002, un PPP (Partenariat Public-Privé) était signé entre l'état anglais et les societés Metronet et Tube lines (chargé de la maintenance principalement). Les résultats sont à la hauteur des espérances: le métro a déraillé 6 fois rien qu'en 2004, causant de très nombreux blessés (voilà, essayez maintenant de vous rappellez quand vous avez eu votre dernier déraillement dans un métro...). Il y a bien sûr eu enquête qui a conclut à la responsabilité de la societé Metronet (responsable de la maintenance des deux tiers des lignes du réseau londonien), laquelle est accusée de mépriser les règles de sécurité, de proposer un encardrement déficient et de ne pas avoir mis en place les mesures de sécurité supplémentaires exigées après un précédent accident... Si on ajoute que plusieurs accidents ont eu lieu à cause de rails fêlés et que les societés privées semblent avoir beaucoup de mal à respecter les exigences de l'entreprise publique qui chapeaute le tout, il y a de quoi s'inquieter. (il faut par contre préciser que le manque de capitaux pour rénover le métro londonien est plus ancien et c'est certainement l'une des causes principales de leur dégradation aujourd'hui)

D'un autre côté, c'est plutôt logique de voir une societé privée dont le but est de se faire de l'argent mettre des règles de sécurité sur le côté si cela permet de faire des bénéfices. Et des bénéfices, on ne sait pas trop s'ils en font (secret commercial, voyez vous), mais ce qui est sûr, c'est que l'état, lui n'en fait pas: selon un nouveau rapport du Comité des Comptes Publics de la Chambre des Communes, la privatisation partielle du métro de Londres a coûté plus d’un milliard d’euros, soit approximativement 650 millions de plus que si l’Etat s'était chargé de la maintenance du réseau (notament en frais d'avocats, visiblement énormes puisque l'état et la societé publique de gestion du traffic du métro ont dépensé près de 260 millions en 3 ans)

22:24 Écrit par kusquo | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

......... Aaaah, le grand spectre de l'antiprivatisation des services publics de transport, la Grande Bretagne. C'est curieux comme les adversaires de la mesure ne se jetent que sur ce pays mais je puis comprendre, c'est bien l'un des cas exemplaires où la mesure a été gérée avec peu de succès.

Pour autant, l'argumentation aurait été plus affinée et de référence si précision il y avait eu aussi sur ces endroits où cela fonctionne très bien et mieux qu'avant.

Comme je le dit toujours, vous avez eu la chance d'aller à Londres ou de brandir son exemple comme l'épouvantail du fait général, mais avez-vous vu ou entendu parler des cas de Tokyo, de Singapour, de Washington ou encore de Stockholm pour le métro ?

Dommage que lorsque l'on se veut critique sur un principe, on ne regarde que les faits qui se rapprochent de l'état de pensée.

Écrit par : promethee | 13/04/2005

:) Force m'est de reconnaitre que non, je ne savais pas pour Tokyo, Singapour, Washington ou Stockholm... Ca mérite d'aller jeter un oeil, merci pour ces infos.

Écrit par : kusquo | 13/04/2005

pfffff tu généralise à mort

Écrit par : odett | 13/04/2005

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